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L’intellectuel, un pauvre

Article de François Bouvier, publié dans Le Semeur, n°0, 1963, rédigé d’après le travail de la commission « Vie Intellectuelle» du camp d’étudiants La Chalp 1963. L’auteur était aussi le rédacteur en chef de la revue de la Fédé : voir aussi son éditorial.

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Avant-propos du Semeur n°0

Article de Jean Baubérot, publié dans Le Semeur, n°0, 1963.

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Pour une éthique sexuelle relationnelle

Article signé René Nicolas, publié dans Le Semeur, n°0, décembre 1963. Pour le sommaire de ce numéro, voir l’Éditorial.

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Contre l’amour du prochain

Article Calvin Augineau sous titré Rabies Theologica, en latin « la rage théologique », publié dans Le Semeur, n°0, 1963.


«  Aimez-vous les uns les autres. » Cette formule fonde la chrétienté. Et la société déchristianisée s’en satisfait encore. Les mots « égoïsme » ou « individualisme » condamnent sans appel, quelle que soit l’idéo-logie de ceux qui en font usage. Il est quand même bizarre de conti-nuer à faire référence au juif Jésus pour une morale du dialogue, du service et de la communauté, qui convient si bien à l’état moderne et aux structures bourgeoises, libérales et communistes. Il ne s’agit pas d’un message de crucifié, mais du mythe qui soude une société. Je crois qu’il n’est pas d’amour, pas de parole sans violence, et partout je constate que c’est au nom du dialogue, de la charité que l’on évacue la violence. Le comble du respect de l’autre étant sans doute la tentative (avant tout chrétienne) d’évacuer le désir, la jouissance, de la rencontre sexuelle. Le christianisme joue un vilain rôle dans l’édification de notre civilisation de l’identité et de la raison ; les chrétiens justifient par avance, grâce à leur morale, toutes les conquêtes politiques de la police universelle.

Le dialogue

Les valeurs de tolérance, de respect, d’écoute sont pour faciliter les échanges d’idées. Le dialogue est une opération commerciale, où l’on accroit ses connaissances. Parler, aujourd’hui, c’est discuter, enseigner, apprendre. On parle des choses, des gens — on ne parle jamais de soi. On se transmet un savoir, sans jamais risquer de perdre ou de gagner plus qu’une idéologie, une vision du monde. Je pense bien sûr aux discussions fédératives (quand le sujet est épuisé, on parle de ceux qui ne sont pas là : à peu de frais et à la troisième personne on fait la cure d’âme des copains) mais aussi aux débats à la mode : échange d’idéologies entre chrétiens et communistes, protestants et catholiques, étudiants et ouvriers. Peut-on même prétendre que des idées y ont été échangées ? Rarement la barrière est franchie. Quel chrétien s’est converti à l’athéisme à la suite d’un dialogue de ce genre. Les rares conversions que je connaisse ont plutôt été le fruit de la lassitude, du dégoût né dans la solitude.

La violence qui devait accompagner le choc a cédé la place à la recherche d’un terrain d’entente. De même qu’un échange commercial suppose un système monétaire commun, il faut pour parler que l’un et l’autre fasse abstraction de tout ce qui serait irréductible à un dialogue fructueux (de tout ce qui fait leur altérité). On se soucie moins d’affronter deux langages, deux êtres, de risquer de perdre ses mots, son identité, que d’imaginer qui est l’autre. Le dialogue est donc fictif, déjà joué : on lance un pont, on invente pour l’occasion un langage artificiel qui ménagera les susceptibilités. Qui n’a goûté de ces rencontres « œcuméniques » avec leur vocabulaire douçâtre et leurs paroles feutrées : les catholiques citent Culmann et Ricœur, les protestants taisent la mariologie et les couvents.

Vivre ainsi en caméléon de la rencontre suppose qu’il existe quelque part un discours unique, total, une vérité qui fera taire toutes les différences passagères. La vie alors n’est pas affirmation de soi, reconnaissance de l’autre, mais découverte de la synthèse totalitaire devant laquelle il faut se taire. Pour l’Église comme pour l’État, il faudrait parvenir à la parole unique, confession d’un Credo qui dispenserait de toutes les paroles anarchistes, hérétiques de l’homme seul.

Au fond nous ne demandons pas mieux, car la solitude nous est insupportable. Nous aspirons à la transparence, à la disparition de tout ce qui est obscur chez l’autre. Nous ne risquerions plus de rencontrer ces regards criminels qui dénoncent notre solitude, qui nous rejettent. Et dans l’attente de la Communion apaisée, nous nous précipitons dans le Divertissement : nous parlons devant les autres, quêtant leur approbation ; nous cherchons à convaincre, ou à nous laisser convaincre afin que disparaisse un peu de l’opacité fondamentale qui nous sépare.

Peut-être n’existe-t-il pas de dialogue véritable, mais nous savons bien que ce jeu, cette conquête de la ressemblance, n’est qu’une évasion. Si l’on pouvait rencontrer l’autre, ce serait en acceptant sa différence. Non pas en la nommant, en prenant connaissance des qualités qui le font autre — car ce serait encore réduire l’irréductible, muer l’autre en identique — mais dans la violence. Il n’y a de rencontre qu’au bout du crime, du viol, et aussi du suicide. Et nous en faisons toujours l’économie, en substituant à l’affrontement du néant qui réside en lui et en moi, la connaissance de l’autre comme objet. Le dialogue aujourd’hui a pour forme la psychologie. Le sujet qui connaît, l’objet qui est connu sont l’un et l’autre dans l’universel de la science. Ils échappent ainsi à la violence. Mais c’est que la violence est autrement située. La violence est ce qui permet de regarder l’autre comme un objet : elle est dans l’exclusion de tout ce qui ne peut être reconnu. Ceux qui restent malgré tout différents, ceux dont on ne peut prévoir le comportement, avec qui on ne peut parler selon les règles tacites du dialogue, sont rejetés. Le dialogue n’est possible qu’entre gens normaux. Nous ne parlons qu’après avoir imposé le silence aux indésirables : une fois les fous à l’asile, les malades à l’hôpital, les juifs dans leur ghetto, les intellectuels dans leurs revues, les enfants à l’école, les vieillards dans les maisons de retraite, les nègres dans leur brousse, il devient possible de parler entre gens sérieux et épris de dialogue. Nous ne parlerons qu’avec les femmes qui nous imiteront, qu’avec les ouvriers qui voudront bien acquérir une culture convenable – qui auront conscience de la lutte des classes. Nous avons les mains propres et les cerveaux conditionnés : c’est la police qui se charge de toute la violence du monde.

Le service

Il ne suffit pas de parler, dit-on, il faut agir. Il faut faire du bien. Mais quel est l’homme qui acceptera sans humiliation qu’on le prenne en pitié, qu’on vienne à son secours ? Qui supportera qu’on le transforme en « prochain » ?​ qu’on fasse de lui l’objet de sollicitudes, le support des velléités altruistes d’un frénétique qui trouve son bonheur dans l’activisme, d’un déséquilibré1 qui reporte sur les autres l’affection paternelle dont il fut sevré ? Celui qui se précipite ainsi sur l’humanité souffrante ne fait qu’oublier son propre malheur, sa petitesse, sa pauvreté. Il vit de proies qui n’exigent rien de lui, et néglige ceux qui pourraient être des interlocuteurs, sa femme et ses enfants. Il va chercher son salut dans le regard reconnaissant de ses obligés. Il joue une comédie qui lui donne un statut social, lui conquiert l’estime dont il est friand. Et sans doute il vit dans la terreur du regard véritable, du refus qui dénoncerait derrière le masque du serviteur, le pauvre homme. Le métier de pasteur me paraît exemplaire : on se fait professionnel de la rencontre, serviteur à gages, par goût de l’autorité ; on sacrifie même son confort matériel (et celui de sa famille) pour vivre par procuration. Le pasteur aura les mêmes joies que les lecteurs de fait divers ou que les concierges2, en ne risquant pas le discrédit qui frappe généralement ces anthropophages. Il ne rencontrera jamais que des êtres adonnés au monologue, donc inoffensifs. Aller chez le pasteur c’est raconter, sans risque, sa vie à un spécialiste muet qui saura consoler. Ce n’est jamais risquer un refus, ou une sollicitation. Le pasteur ne demande jamais rien. Il est en parfaite santé. Dans Nazarin​ Bunuel l’avait montré le plus grand saint est capable de tout donner (ce qui est parfois catastrophique) mais incapable de recevoir. Qu’on s’étonne ensuite que la clientèle des pasteurs soit surtout de clochards schizophrènes et de vieilles filles… Je n’ose pas analyser le lien entre célibat et apostolat.

Faire le bien ; comme si le bien existait, le même pour tous, que l’on pourrait distribuer à n’importe quel prochain interchangeable. En fait ce bien existe, non pas le mien ou celui de l’autre, mais celui de la société. La notion de service est un piège : elle permet de rendre le travail acceptable. Il faut servir, disent les chrétiens, parce que Dieu nous a servi le premier. Il faut travailler, disent les technocrates, parce que la société vous a tout donné, et qu’il vous faut mériter les policiers qui vous protègent, la télé qui vous divertit, la viande attendrie qui vous nourrit, les professeurs qui instruisent vos enfants. Le christianisme n’a fait que montrer la voie à l’état moderne : inventer un mythe qui rende acceptables les pires aliénations. Si je travaille, pourtant, je ne m’épanouis pas, je ne fais que l’indispensable pour survivre. Le travail est un destin — qu’il est possible de contester par la révolution — et non une liberté. Le service du prochain n’est pas la conquête du Royaume : c’est son intégration et la mienne dans une économie oppressive. Pour servir, il faut soi-même être parfaitement normal, ne rien contester. L’E.R.F. ne demande-t-elle pas à ses pasteurs des garanties de santé psychologique, et plus obscurément ne fait-elle pas pression pour qu’ils soient bons citoyens, bons maris, intellectuels convenables ? Et le service du prochain n’est que la tentative de normaliser ses relations avec la société, de rendre son comportement inoffensif. Il est significatif que les professions mythiquement les plus respectables soient celles qui ressemblent le plus à la police. Les diverses formes d’apostolat que l’on propose aux jeunes, désireux de se dévouer, sont toutes des professions qui ont pour fonction la récupération des égarés. D’abord la psychologie qui fait le tri des normaux — ceux qui non seulement sont inoffensifs, mais encore capables de participer à l’édification de la grande machine — et des anormaux — les récupérables que l’on soigne, les irrécupérables que l’on enferme ; la médecine avec son grand mythe des « hommes en blanc » joue le même rôle, elle condamne à survivre, elle remet en état de travailler le cheptel humain de l’État ; l’enseignement enfin qui fabrique des adultes selon le modèle nécessaire. Et quand on veut glorifier l’armée, ou les ingénieurs, on les présente comme des bâtisseurs d’hôpitaux ou d’écoles. On n’a plus besoin de prisons.

Il est fâcheux que le christianisme se soit mis ainsi à la remorque de la pensée grecque, et que « servir le prochain » réponde si bien à la définition d’Aristote « l’homme est un animal politique » (L’homme qui ne sert pas l’État est un animal). Pourtant il y a peut-être une autre manière d’aimer qui ne tombe pas dans le piège de l’engagement. Ce que je demande aux autres, ce n’est pas qu’ils travaillent pour moi. Ce dont j’ai besoin se cache peut-être dans le mot amour, c’est ce qui m’advient si l’on me parle. J’ai besoin d’éprouver l’irréductibilité de l’autre. J’ai besoin de faire l’expérience de ma mort par sa présence3. C’est de cela que l’on me prive quand on est pour moi un pasteur, un père, un médecin, un professeur. Ce qui pourrait correspondre à la notion de service, c’est sans doute que je vive vis-à-vis des autres sans les priver de leur vie par le respect, le désir de faire le bien et la compassion — en étant méchant.

La communauté

L’amour véritable ne réside-t-il pas alors dans la vie communautaire ? Là encore la violence est exclue : la vie commune est aménagée pour éviter la mort. Il s’agit de survivre et non de risquer l’aventure de la vie. Il faudrait considérer avec beaucoup de méfiance et d’esprit critique toutes les formes communautaires. Comme le travail elles sont sans doute indispensables à la perpétuation de l’espèce, mais elles ont pris une valeur mythique : parce que l’on partage le même langage, le même style de vie, le même toit ou le même nom, on en arrive à croire (ou à faire croire) que l’on s’est sauvé de la solitude. Au contraire on n’a fait que se séparer des autres sans rencontrer ceux avec qui on a vie commune. L’important dans la rencontre c’est la différence. La communauté ne fait que souligner quelques caractères de similitude. Les vieilles lois humaines qui condamnent l’inceste ou l’homosexualité allaient contre la tentation de s’assembler à ce qui ressemblait. Les vieilles religions ont parlé de la rencontre comme d’une transgression : c’était comme le suicide des êtres qui se rencontraient. L’accent était mis sur le caractère exceptionnel de l’événement, sur la gravité de ce qui ne pourrait pas se reproduire. Aujourd’hui nous faisons tout pour atténuer la violence de la rencontre. Nous insistons sur la communauté, parce que nous sommes un monde de vieillards, et que notre morale est toute d’avarice. Jamais nous ne prenons le risque de tout perdre, nous supputons, nous organisons. Nous vivons l’amour sur le mode du projet, de la planification.

Ce n’est pas par hasard que le christianisme a sacralisé le mariage4. C’est la cellule de base. la forme première de la communauté. L’accent est mis dans la morale sexuelle sur le couple constitué plutôt que sur la rencontre. Certainement il est plus difficile de rencontrer quelqu’un que l’on ne connaît pas, de parler à quelqu’un qui use d’un autre langage5, mais l’essentiel demeure l’impossible rencontre. Or nous passons notre temps à tenter de connaître l’autre, à créer des ressemblances entre les membres du couple. Pourtant chaque goût partagé, chaque trait de caractère reconnu et accepté, n’est qu’un obstacle à la rencontre. Car la certitude que l’autre est semblable, fait manquer sa vérité propre. Si l’on met l’accent sur les ressemblances, sur l’unité du couple c’est peut-être parce que l’essentiel n’est pas l’affrontement violent de deux sexualités, mais la vie commune, ou plutôt l’œuvre commune (élevage des enfants, métier, politique, service des autres). La sinistre formule de Saint-Exupéry devient vraie pour l’amour aujourd’hui : on préfère regarder ensemble dans la même direction, plutôt que regarder l’un vers l’autre. C’est trop difficile de toujours tout recommencer : grâce au mariage l’érotisme est un acte privé, et la violence n’y a pas trop de part. Le sadisme, la cruauté sont désormais cachés dans le lit conjugal. Les risques de la rencontre sont réduits et l’on peut s’adonner sans crainte à l’amour du prochain, au bout duquel le Royaume de Dieu est à prendre.​

Quel est le rapport de tout cela avec Jésus-Christ ?

Calvin AUGINEAU.

Notes

  1. Bien entendu ce paragraphe est d’une mauvaise foi parfaite. J’exècre la psychologie, qui est le type le plus insidieux de la parole qui dit sur l’autre la vérité sans lui laisser une chance de répondre. Jadis la théologie jouait ce rôle, mais aujourd’hui c’est le langage médical qui a pris sa place de monologue condamnant sans appel. Je parle des pasteurs en psychologue simplement pour m’amuser à écraser un langage totalitaire sous un langage encore plus totalitaire. Les lecteurs théologiens ne croiront pas un mot de cette attaque vulgaire et malhonnête. J’espère que les autres les imiteront. ↩︎
  2. J’emploie ce mot dans son sens polémique habituel. Il ne s’agit pas d’attaquer ceux et celles qui font profession de garder les immeubles. C’est au corps pastoral que j’en veux. Dans un prochain article peut-être j’aborderai cette question des concierges. ↩︎
  3. S’il se trouvait une lectrice (très différente) de bonne volonté, qu’elle écrive au Comité de Rédaction. L’anonymat de notre ami Calvin serait levé pour elle. (N.D.C.R.). ↩︎
  4. « La querelle du mariage et de l’union libre, aime dire Hérouard, est un faux problème. Ce qu’il faut contester c’est la notion de couple. »​ Hérouard est marié, mais je crois quand même qu’il dit vrai. Cela ne vaut pas la peine de critiquer le mariage si l’on doit vivre la monogamie quand même. ↩︎
  5. Le paradoxe de la morale chrétienne (bourgeoise ?) c’est qu’elle affirme d’un côté la possibilité de rencontrer n’importe qui n’importe quand — alors qu’on peut se demander si l’on peut parler avec quelqu’un sans avoir longtemps vécu avec lui — et de l’autre la fidélité monogame comme seule possibilité de vie sexuelle. Il semble que la rencontre sexuelle comme typologie de toute rencontre soit étrangère à cette morale. On devrait pourtant se servir de descriptions de la rencontre sexuelle pour dénoncer la vanité des autres rencontres. Sans dire pourtant que la sexualité est la vérité de la rencontre. On sait bien les mensonges de l’érotisme. ↩︎

Post-scriptum de la Rédaction : Moi j’ai trouvé le rapport si tu avais lu mon avant-propos tu te douterais que le Fils de Joseph n’est pas l’homme douçâtre, rose bonbon, blondinet à la barbe d’étudiant en théologie non-violent, de nos cultes, mais un méchant, un fou ; il refusait d’expliquer à ceux qui n’avaient pas compris, il n’a choisi les douze que pour qu’ils le trahissent, il voulait qu’on abandonne sa famille (Matt. 10/37), il refusait le travail (Marthe et Marie, le lys des champs), il prônait comme salut le bavardage : « c’est d’après tes paroles que tu seras justifié (Matt. 12/37), il refusait que l’on convertisse l’autre (Matt. 23/15), et il maudit tous nos pasteurs dont (sauf toi) on dit tant de bien : Malheur à vous quand tout le monde dira du bien de vous (Luc 6/26).

Quel rapport à tout cela avec Jésus-Christ ? demandes-tu. Mais quel Jésus-Christ ? Le Père Augustin disait en son temps : « Nous ne sommes pas… devenus chrétiens mais Christ » (MPL 35, 1568 et 1622 Commentaire de Jean).

Dis, Augineau productif, si je t’ai bien compris il ne faut surtout pas justifier ton article. Pourtant: « Le théologien refuse fondamentalement à se prendre au sérieux » (Réforme, nº 971. Jean Bosc). « Heureux ceux qui mettent en pratique la parole de saint Jean Bosc, ils seront persécutés mais apporteront le salut des copains à toute la terre. »

Jehan BELEROS.

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La question coloniale, Paul Ricœur

Article de Paul Ricœur publié dans Le Semeur de décembre-janvier 1947-48. Ricœur avait alors 34 ans — il deviendra écrivain, philosophe et professeur universitaire.

Du 22 juillet au 1e août 1947, la Fédération universelle des associations chrétiennes d’étudiants (WSCF), l’Union chrétienne des jeunes gens (YMCA) et des jeunes filles (YWCA) et la Conférence œcuménique des Églises rassemblent à Oslo, en Norvège, 200 jeunes protestants représentant 71 pays : c’est la seconde Conférence mondiale de la jeunesse chrétienne. Sont présent les pasteurs Willem Visser ‘t Hooft, Eivind Berggrav, Reinhold Niebuhr, Martin Niemöller…

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Responsabilité du peuple allemand

Article de Bernard Charbonneau publié dans Le Semeur de novembre 1945. Il avait alors 35 ans — il deviendra un grand philosophe, penseur de l’écologie.

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Thèses de Pomeyrol

Les thèses de Pomeyrol sont rédigées les 16 et 17 septembre 1941, au début de la Seconde Guerre mondiale, afin de fonder théologiquement la résistance au nazisme. Ses auteurs sont des jeunes et anciens de la Fédé, réunis à l’initiative du pasteur Visser’t Hooft. Sont présents les pasteurs Roland de Pury, Georges Casalis (secrétaire général de la Fédé), Pierre Courthial, Jacques Deransart, Henri Eberhard, André Vermeil, Jean Gastambide (secrétaire général de la Fédération des éclaireurs unionistes), Jean Cadier, Henri Clavier, Paul Conord, Pierre Gagnier, André de Robert, ainsi que trois laïcs : Madeleine Barot (de la CIMADE), Suzanne de Dietrich et René Courtin, professeur à la Faculté de droit de Montpellier. Ils se réunissent au domaine Pomeyrol, à Saint-Étienne-du-Grès, dans les Bouches-du-Rhône.

Le document prend la forme de huit thèses, aussitôt appelées « thèses de Pomeyrol », qui s’inspirent de la déclaration théologique allemande de Barmen, dont Karl Barth a été en mai 1934 l’un des principaux rédacteurs. Il affirme « la nécessité spirituelle de résistance à toute influence totalitaire et idolâtre » et dénonce surtout la politique française à l’égard des juifs.

Le groupe n’a reçu aucun mandat officiel de l’É.R.F., mais propose l’étude des thèses aux réunions pastorales, aux conseils presbytéraux et aux Synodes. Dans les jours qui suivent, se tient à Pomeyrol un congrès de la Post-Fédé autour au thème du « message de l’Église au monde dans les circonstances exceptionnelles de ce temps ». Le Service œcuménique de presse et d’information publie immédiatement les thèses. Le Conseil national de l’É.R.F. les envoie aux présidents des conseils régionaux, il est étudié par les synodes. Le texte est ensuite diffusé au sein de l’Église réformée de France, et dans les revues clandestines Foi et Vie, Christianisme social et Témoignage chrétien.

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Propagande ou témoignage

Prédication donnée par le pasteur Roland de Pury au Synode de Livron, le 6 mars 1940.

Ésaïe 42:1-4.

Luc 4:5-13: 9:18-26

Jean 7:2-5

Аросalypse 13:1-9.

Matthieu 12:15-21.

Couverture du Semeur, en 1940.

Aujourd’hui nous voyons Jésus qui va par les campagnes et qui guérit tous les malades. Il annonce ainsi le jugement de Dieu qui sera la réparation parfaite de toutes les injustices, la gué-rison éternelle de toute blessure, la consolation définitive de tout désespoir, la libération de toute servitude. Jésus exerce autour de lui, en passant, ce jugement. Les démons et tout leur cortège de misère s’enfuient à son approche. Aucun malheur ne tient devant lui, aucune tristesse ne peut subsister, aucune obscurité ne peut se maintenir. Il est la joie et la lumière. L’homme aveu-gle et muet se met à voir et à parler. Jésus est là et il aide tous ceux que plus personne ne pouvait aider, il est le secours qui arrive à tous ceux qui demandaient D’où me viendra le secours? Il est le bien-aimé de Dieu en qui Dieu a mis toute son affection. Avec lui Dieu nous envoie, non pas quelques pensées affectueuses, mais toute son affection. L’affection de Dieu! C’était donc cela qui nous manquait! On sait bien comme la vie sans affection est un chose affreuse. Sans affection la vie est impossible. Le cœur meurt, asphyxié peu à peu. Le lumignon va s’éteindre. Ici et là, partout, des hommes et des femmes sont emmurés vivants dans le manque d’affection qui les entoure. Ils se dessèchent comme un roseau froissé, ils ne trouvent nulle part ces quelques gouttes d’eau qui suffiraient à les faire rever dir. Il n’y a pas besoin d’être aveugle et muet pour être aussi privé qu’un aveugle et qu’un muet, pour être, aussi solitaire, pour être aussi désemparé, parce qu’il ne s’est trouvé personne pour nous montrer de l’affection. Et maintenant voilà: Dieu nous montre toute son affection. Il nous montre à nous toute l’affection qu’il a pour son Fils. Il nous traite comme son pro-pre fils. C’est inespérément bon. C’est un soulagement indescrip-tible. L’espérance s’est allumée dans notre vie. L’affection de Dieu nous a ressuscité.

Tout cela est bien vrai. Tout cela s’est bien passé autour de Jésus-Christ. Tout cela se passera le jour de son retour. Et cependant son attitude nous étonne. Car il fait une chose étrange à ceux qu’il a guéris il défend expressément de le faire connaître. Et ce n’est pas une fois mais dix fois que nous le voyons faire cette défense, et commander le secret à ceux qu’il a guéris. Nous n’y comprenons rien, car nous sommes tous per-suadés qu’au contraire il nous faut aller publier ce que le Sei-gneur nous a fait. Pourquoi cette défense, qui est à première vue la chose la plus inexplicable de l’attitude de Jésus? Il faut tout de même que nous y prenions garde. On ne peut passer à côté. L’ordre est là. Jésus ne veut pas qu’on le fasse connaître. Pourquoi? Cela nous montre en tous cas une chose l’horreur que Jésus a de la propagande. Et c’est beaucoup plus important qu’on ne pourrait le croire les circonstances présentes nous aideront peut-être à l’approfondir. En effet nous n’avions pas vu jusqu’à quel point la propagande est le moyen le plus efficace que le diable met à la disposition de l’homme. Si Jésus n’était pas le Christ, il aurait pu tout de même faire certains miracles, mais il aurait alors certainement permis qu’on lui fasse de la réclame, ce qui lui eût bien vite valu la domination du monde. Cette défense que Jésus fait aux hommes de parler de lui, équi-vaut très exactement à son refus de se prosterner devant Satan quand celui-ci lui promet tous les royaumes de la Terre. Oui, Jésus écrase la tête du Tentateur quand il fait cela, quand il veut garder le secret, quand il veut garder l’incognito. Il est le Christ dans ce refus et par ce refus, qui, remarquons-le bien, lui barre la route de toute espèce de succès, compromet déplora-blement son œuvre. On entend les hommes se dire à ce propos: « Ce pauvre Jésus, s’il y va de ce train-là, il n’arrivera jamais. S’il ne sait pas exploiter un peu mieux ses succès, il ne devien-dra jamais célèbre ni puissant.» C’était là les tristes réflexions auxquelles se livrait sa famille, quand nous entendons dans l’Evangile de Jean ses frères lui dire : « Pars d’ici et va en Judée afine que tes disciples y voient aussi les œuvres que tu fais. On ne fait rien en secret quand on cherche à se faire connaître. Puisque tu fais ces choses, manifeste-toi au monde !» Et l’Évangile ajoute: car ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui. Parce qu’ils ne croyaient pas en lui, Jésus ne pouvait donc, pour eux, que chercher à se faire connaître. Leur incrédulité n’est nulle-ment de ne pas croire aux œuvres que Jésus fait. Au contraire, ils ne les voient que trop, ces miracles. Leur incrédulité, c’est de croire que Jésus les fait pour se faire connaître, que ces mira-cles sont des œuvres de propagande. Leur incrédulité, c’est de refuser le secret où Jésus veut demeurer. Tous les hommes demandent pareillement dans leur incrédulité: Allons, qu’il nous montre un peu ce qu’il sait faire, ce Christ, qu’il se manifeste au monde une bonne fois! Qu’il nous montre noir sur blanc ses titres à notre obéissance, et nous marcherons, et nous croirons. Maître, nous voudrions te voir faire un miracle, disent les pha-risiens.

Voilà que les hommes veulent porter sur le bien-aimé de Dieu leurs mains convoiteuses. Voici que cette race incrédule et per-verse veut profiter du Fils de Dieu. Voilà celui qu’il nous faut, voilà notre candidat, celui que nous allons présenter aux élec-tions pour l’empire du monde. Avec lui notis avons toutes les chances de l’emporter. Il faudra seulement bien faire valoir ses qualités Personnalité de premier plan, incontestable génie religieux, guérisseur, consolateur, fortifiant. Jamais on n’aura une candidature plus favorable.

Une seule ombre au tableau: Jésus ne marche pas. Jésus ne pose aucune candidature, Jésus fait tout rater, Il ne veut pas qu’on parle de lui. Jésus échappe aux hommes en se dissimulant dans le secret. Il garde jalousement l’incognito. Tout ce qu’il fait, il a presque peur qu’on le sache, peur que les hommes se méprennent sur ce qu’il est et cherchent en lui tout autre chose que l’affection de Dieu. Il sait bien que le diable n’a qu’une envie, c’est de faire de la réclame au Fils de Dieu, et de pouvoir ainsi lui donner toute la puissance et la gloire des royaumes du monde, au jour de la tentation. Il voudrait bien, lui, Satan, pouvoir donner à Jésus tout ce que Dieu lui donnera au jour de l’Ascension. Et il peut le lui donner, si seulement Jésus se laisse mettre en liste; si seulement Jésus veut bien prêter son nom, sa qua-lité de Christ à l’entreprise, la propagande satanique se char-gera du reste. Car tout est possible à la propagande.

Seulement voilà, il faudrait que Jésus sorte de sa réserve. Tant qu’il garde l’incognito, que voulez-vous que le diable en fasse? C’est clair: Jésus est inutilisable. Il a bien fallu que Satan porte alors son choix sur d’autres candidats, beaucoup moins intéressants d’ailleurs. Il ne se remettra jamais de sa décep-tion, le pauvre. Pensez donc! Avoir espéré faire campagne pour le Fils de Dieu, et devoir se contenter de la faire pour Adolphe Hitler, Michel Staline, ou quelque député à la Cham-bre, ou quelque chrétien trop satisfait de sa conversion.

Ainsi nous voyons le sens de ce qu’on appelle le secret mes-sianique, cette insistance avec laquelle Jésus s’efforce de tenir cachée sa royauté, sa divinité, afin qu’elle ne puisse en aucun cas devenir un objet de propagande, c’est-à-dire être utilisée par le diable. Aussi chaque fois que Jésus défend qu’on le fasse connaître, chaque fois qu’il se refuse à crier sur les places publi-ques, chaque fois qu’il s’arrache à la réclame, il écrase la tête du Malin, il demeure celui sur qui le Prince de ce monde n’a aucune prise; en lui le trésor de l’affection de Dieu est bien caché, mieux que par toutes les forteresses, bien gardé. Personne ne peut nous le prendre. Le Malin ne peut pas s’en emparer. Et notre incrédulité ne le peut davantage. Tressaillez de joie parce que nul ne nous ravira l’affection que Dieu a mise en lui. Nul ne pourra faire servir cette affection à une autre fin que la gloire de Dieu. « Il leur défendit de le faire connaître. » Ainsi Jésus garde l’incognito; ainsi Jésus nous garde l’affection de Dieu. Il ne la laisse pas se répandre et se perdre à jamais dans la réclame. Il ne la laissera pas devenir une camelote religieuse. Personne ne pourra goûter cette affection sans suivre Jésus lui-même sur le chemin de l’abaissement, Jésus méconnu, délaissé, rejeté, et montrer ainsi qu’il est prêt à tout perdre pour conserver seulement l’affection de Dieu.

Nous vivons dans un monde dont le visage démoniaque se montre aujourd’hui presque à découvert, c’est-à-dire un monde livré à la propagande devenue l’ultime moyen de gouverner les peuples et de dominer la terre. « Une bouche fut donnée à la Bête qui proférait des paroles orgueilleuses », dit l’Apocalypse. Le néant ouvre la bouche. La Bête de l’abime fait sa réclame, et « la terre entière, saisie d’admiration, suivit la Bête disant: Qui est semblable à la Bête et qui peut combattre contre elle >> ? La propagande est l’immense parodie de la prédication chrétienne. en

Et là au milieu, voici l’Eglise qui a pour tâche unique, qui a pour mission paradoxale de faire connaître au monde celui-là même qui défend qu’on le fasse connaître, ce roi qui veut à tout prix garder l’incognito. L’Eglise aussi n’est qu’une bouche, une bouche qui annonce Jésus-Christ, et la guérison, et la justice, et l’affection qui sont en lui. Et le tentateur rôde autour d’elle comme autour de Jésus. Il voudrait bien en faire une officine de propagande. Peut-être bien qu’il réussit assez souvent et qu’il nous fait parler comme si l’Evangile était la meilleure des reli-gions, comme si Jésus était un concurrent des maitres de ce monde. Car le chemin de l’Eglise est singulièrement étroit, et quelle tentation pour elle d’utiliser le grand moyen de ce monde toujours à portée de sa main. Car enfin entre la mission et la propagande, entre le témoignage et la réclame, la différence est absolue, mais la distance est toute petite. Le pasteur n’est-il pas toujours en danger de devenir le commis-voyageur du Royaume de Dieu? Vous savez, le type qui déballe sa marchandise à toutes les portes, le convertisseur qui fait valoir ses articles: les guérisons, voyez, et les miracles, épatants les miracles. Çà ne vous dit rien, non, vous préférez les beaux discours, quoi de plus beaux que les béatitudes; ou bien le bonheur, c’est le bonheur que Jésus vous apporte, vous n’en voulez pas ? Le client supplie: Je n’ai besoin de rien, laissez-moi. Mais le commis se fait pressant: Si, je connais vos besoins. Et j’ai autre chose encore d’ailleurs, l’affection de Dieu, des consolations, non ? Un enterrement seulement? Va pour un enterrement. Voyons, pas cher, superbe marchandise, la meilleure des religions, la pana-cée universelle! Profitez de l’occasion! Vous ne voulez pas vous convertir?

Le pauvre client a envie de pleurer de désespoir. Peut-être avait-il besoin d’une de ces choses, mais au milieu de cette récla-me il ne sait plus même de laquelle, il dit oui et amen à tout ce qu’on voudra. Il achète n’importe quoi pourvu que le Monsieur s’en aille. Et le pasteur s’en va, peut-être en se frottant les mains, mais il a étouffé le lurignon, il a brisé le roseau froissé. Voilà l’abîme que côtoie le témoin de Jésus-Christ, et dans

lequel s’il manque de tact, de charité, de discrétion, il tombera certainement. Voilà, bien que poussé jusqu’à la caricature, dans quel sens Jésus défend qu’on parle de lui. Voilà ce que signifie: prendre en vain le nom du Seigneur. Ce nom, ce fameux Je suis qui je suis, dans lequel Dieu se cachait tout en se fai-sant connaître comme aujourd’hui. Dieu se cache en Jésus-Christ pour se faire connaître à nous, et nous porter secours. Il nous guérit, il nous aime, mais en cachette et non pas sur la place publique. Il ne vient en aide qu’à ceux-là qui acceptent une aide cachée. Il ne donne son affection royale qu’à ceux-là qui se contenteront d’une affection parfaitement secrète et qu’ils ne pourront pas faire valoir parmi les hommes, et qui ne leur pro-curera par conséquent aucun avantage, aucune sécurité sur la terre. Jésus est tout pour la foi, il n’est rien pour la vue. Aujour-d’hui plus que jamais la fidélité de l’Eglise ne se mesure point aux formules orthodoxes qu’elle répète, non plus qu’au zèle et à la vie » dont elle témoigne, mais avant tout à la grâce que Dieu peut faire à ses paroles et à ses œuvres d’être un témoi-gnage et non pas une propagande.

Le texte d’Esaïe porte: « Il ne connaîtra ni lassitude ni découragement jusqu’à ce qu’il ait fait triompher la justice, et les nations espéreront en son nom. >> Le courage de Jésus-Christ, son héroïsme, qui laissent loin derrière eux tout ce que les hommes peuvent concevoir comme courage et comme héroïs-me, le seul courage qui ait le droit de porter ce nom et qui soit autre chose qu’une propagande arbitraire faite à telle ou telle action d’éclat, le courage de Jésus tient tout entier dans la per-sévérance inlassable avec laquelle lui le Fils de Dieu, lui le tout-puissant, lui l’unique roi de la terre, garde l’incognito. Cou-rage de tous les instants, sacrifice de tous les instants, l’inco-gnito est la croix que Jésus porte dès la première heure de son ministère. Il ne s’est pas découragé. Pas une fois dans sa solitude qui grandissait, à bout de force, il ne s’est écrié : « Mais oui, voyons, je suis le Fils de Dieu, regardez-moi donc, je vais transformer Jérusalem en pain d’épice et faire pleuvoir des pièces de cent sous. Je vais terroriser les Romains et vous don ner l’empire du monde. >>>

C’est bien cela son courage, n’est-ce pas ? Car il ne peut pas consister à faire des miracles, qui ne lui coûtent rien. Ce qui lui coûte quelque chose et ce qui va finalement lui coûter la vie, c’est de cacher ses miracles, c’est de refuser d’en profiter tant soit peu. Il ne s’est pas lassé d’être méconnu. Nous ne pourrons jamais entrevoir seulement la mesure d’un tel courage et d’une telle solitude. Mais c’est grâce à ce courage que nous vivons, que nous sommes une Eglise, que nous avons quelque chose à dire qui ne soit pas de la réclame. C’est grâce à ce courage avec lequel Jésus maintient secrète sa divinité, maintient l’affection de Dieu à l’abri de notre convoitise, c’est grâce au courage avec lequel il ne répond pas à notre désir charnel de le voir triom-pher, c’est grâce à ce courage inlassable qu’un jour, peut-être proche, sa justice triomphera soudainement, sa justice éclatera sur la terre entière, intacte, pure, glorieuse. La petite graine cachée dans la terre apparaîtra comme un grand arbre et son nom, le nom de celui qui est demeuré méconnu, le nom que nous aurons confessé dans la détresse, pourra être alors à jamais l’unique espérance des nations, cependant que toutes les propa-gandes et leurs propagandistes, toutes les réclames et leurs récla mateurs, retourneront à l’abîme qui les avait enfantés. Amen.

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À propos du mois de septembre 1938

Article de Suzanne de Dietrich publié dans Le Semeur, 42e année, n°1, en novembre 1938.

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Note sur la personne, Paul Ricœur

Article de Paul Ricœur publié dans Le Semeur de mai 1936. Ricœur avait alors 23 ans — il deviendra écrivain, philosophe et professeur universitaire.