Le week-end du 8 mai 2022, les jeunes protestants de la Fédé se rassemblaient autour du thème « Agir face à la haine », dans un contexte de déchaînement des paroles racistes et xénophobes à l’approche de l’élection présidentielle.
Enfermés dans un monde médiatique de plus en plus concentré et dans un entre-soi sur les réseaux sociaux, de plus en plus de nos contemporains basculent dans une vision radicale de la société. L’extrême droite s’apprête à diriger notre pays, comme elle le fait déjà dans d’autres, et beaucoup ne perçoivent plus ce qu’elle a de liberticide et réactionnaire. Comment notre identité, notre foi et notre pratique protestante peuvent nous aider à résister à cette vague ?
Thèses de 2022
À la manière des thèses de Pomeyrol de 1941, nous avons voulu distinguer trois anticorps protestant à cette contamination de la pensée. Répartis en groupes sur plusieurs tables, nous avons échangé sur le sujet tout une après-midi. Nous avons pu interroger des experts, post-fédératifs, pasteurs et responsables associatifs.
Ainsi, le président de la Cimade, Henry Masson, nous a rappelé les enjeux législatifs pour les associations d’aide aux migrants. La pasteure Tünde Lamboley, chargée de la formation théologique au sein du Défap, nous a parlé de l’articulation entre mission et dialogue interreligieux, et entre unité et diversité dans le christianisme. La pasteure Christine Mielke, secrétaire national à l’animation des réseaux jeunesse de l’Église protestante unie (EPUdF), a exposé les Solae. La présidente de la bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français (SHPF), Isabelle Sabatier, a apporté son éclairage sur le temps long.
À l’Oratoire du Louvre dimanche, nous avons pu voir les plaques commémoratives rappelant l’engagement de jeunes protestantes pour le sauvetage d’enfants juifs sous l’Occupation nazie. Nous avons réfléchi au lien entre cet engagement et le souvenir de la Saint-Barthélemy et des persécutions de la monarchie absolue, devant le monument à l’amiral de Coligny et les inscriptions de la grande sacristie.
Identité
Une mémoire qui nous oblige.
- humanisme et Renaissance
- révolte de Luther contre le cynisme
- Saint-Barthélemy et persécutions
- clandestinité au Désert et camisards
- diaspora huguenote, Refuge cosmopolite
- engagement pour la IIIe République
- lutte pour la laïcité en 1905
- église confessante face au nazisme
- résistance pendant l’Occupation
Foi
Une foi qui nous maintient debout.
- théologie de la grâce inconditionnelle
- Soli Deo Gloria contre les idoles / idéologies totalitaires
- la lecture de la Bible, intérêt pour l’Ancien Testament et altérité de l’hébreu
- la prière comme ressourcement dans l’engagement
- le silence au culte, dans un monde trop plein
- face à la démobilisation et l’hypocrisie, l’espérance dans la lucidité
Pratique
Des expériences communautaires.
- une église tiers-lieu qui ouvre à la mixité sociale, d’origine et de diverses cultures — un métissage
- le système presbytéro-synodal d’aspiration démocratique
- le protestantisme, une pratique de l’unité dans la diversité confessionnelle
- l’Église œcuménique, qui agit localement et pense l’universel
- le chant au culte, métaphore de l’harmonie dans la dissonance
- un christianisme social, incarné dans l’Entraide auprès des exclus
- des communautés d’action dans une société d’anonymes individualistes
Pour aller plus loin
- Avant, le programme du week-end
- Pendant, le support de réflexion PDF
- Après, l’album photo
- Notre événement en 2024 Justice et espérance
