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Sexualité des protestants

Article publié en 1965 dans Le Semeur, et signé J. Belleros et G. Laidagape.


« J’attends votre démenti pour crier sur les toits que le protestantisme de l’après-guerre est, en matière sexuelle, toujours aussi bête et méchant. »
Daniel Galland, Semeur, 1-2/1964 р. 39.

« Auprès de tant de liaisons heureuses contraintes de se cacher, que de mariages, aussi chrétiens soient-ils, ont tort d’exhiber leur faillite. »
Valentine de Coincoin, Le Canard enchaîné, 28 octobre 1964.

Il était une fois une revue intitulée « Le Semeur ». Un jour l’équipe du Semeur aurait publié un numéro zéro [1963] et des autorités ecclésiastiques auraient tenté, parfois par des méthodes quasi policières, (n’exagérons rien, les protestants seraient presque des enfants de chœurs face à certains héritiers d’archevêché mais ils auraient, par exemple, provoqué des dénonciations), de réprimer certains propos concernant l’amour. Ces apprentis bureaucrates auraient cru ainsi en avoir terminé avec le sexe. Désormais seul celui des anges serait en question et, comme auparavant, une seule doctrine serait présentée (notamment aux jeunes, il faut les préserver, nous parents nous sommes responsables) comme la façon de vivre, sexualité et amour par deux chrétiens protestants :

Théologie naturelle, orthodoxie, fondamentalisme et théopneustie se conjugueraient pour affirmer qu’hors de ce cadre pas de salut : « Le mariage répond à une nécessité de la nature humaine. » (Amour et Fiançailles, page 34) ; « Contrairement à ce que beaucoup croient, la Bible parle de la vie sexuelle sans aucune arrière-pensée… Le Nouveau Testament n’évite pas le problème : Paul dans l’épître aux Romains appelle un chat un chat (2) (idem, page 57) ; « Faire l’amour c’est le plus souvent défaire l’amour (3) (Avant le mariage, page 140) ; « L’amour en dehors des cadres que Dieu a prévus laisse un goût de cendres » (4) (Amour et Fiançailles, page 59).

Pourtant dans « Réforme », « Jeunes Femmes », etc., quelques personnes auraient, paraît-il, posé un certain nombre de questions. Les réactions suscitées par leurs articles se manifesteraient par des automatismes soustendus par un mouvement théologique bien précis. Il y aurait là un phénomène qui relèverait de l’expérience de Pavlov. Cette problématique théologique serait leur manière d’envisager non seulement l’amour, le plaisir, l’érotisme, le couple mais aussi la famille, la religion, la politique, le langage, le travail, l’esthétisme, le bonheur, etc. Bref, elle serait leur manière de penser leur vie, de vivre (sans vivre ?). Elle se visibiliserait à propos de la sexualité non par hasard. Là tous ceux qui, voulant être dans le vent et à gauche, diraient oui et amen à un nombre impressionnant d’idées qu’ils n’auraient jamais pensées (les théories qu’ils énonceraient quelques minutes après le montreraient) se rendant un peu compte de la pesanteur des mots, cesseraient d’avoir une parole double et diraient ce qu’ils arrière-pensent. De plus, depuis Sigmund Freud…

Dans le protestantisme français les expressions « dialogue ouvert où le chrétien a autant à recevoir qu’à donner » ; « écoute continuelle des hommes… respecter leurs cheminements, comprendre leurs révoltes, partager leurs souffrances » ​; « ​humilité » ; « vérité que l’église ne tient pas en sa possession » mais de l’ordre de la rencontre, etc., seraient des formules convenues. N’auraient-elles pas été élevées à Orthez au rang de déclaration synodale ? Pourtant, d’après leurs lettres, les protestants seraient des personnes qui savent. Elles connaîtraient la vie, l’ordre du monde, le mariage, le domaine de la libido, la psychologie ; les pensées profondes de chacun et les valeurs morales auxquelles il doit forcément se rattacher. Vous affirmeriez qu’il vous est égal d’épouser une brune ou une blondinette, soit ; une planche à pain ou une bien roulée, soit encore ; une U.N.R. [Union pour la nouvelle République, gaulliste] ou une communiste, soit toujours ; une rosière ou une non vierge (5)… Là vous mentiriez, inévitablement. Cela ne pourrait être vrai. Pourquoi ? Ce serait comme cela et tout ce que vous pourriez prétendre ne changerait rien à cette vérité immuable dont votre interlocuteur aurait reçu la révélation : « Ne faut-il pas revaloriser la pureté comme étant toujours souhaitée par l’homme, même s’il le nie parfois, pour la compagne de sa vie (6) ? » (Réforme 26.12.1964 ; lettre d’une lectrice) (7). Vous prétendriez que vos engagements dans l’éros ne sont pas toujours et partout les mêmes (comme vos engagements dans le langage). Vous ne sauriez pas ce que vous diriez. Les chrétiens, grâce à leur connaissance ontologique de « ​l’Homme », le sauraient mieux que vous : « Personne ne peut agir sexuellement sans affecter son moi tout entier ». (C.E.E., Consultation sur l’éthique (tac) sexuelle, juillet 1964) (8).

Mais pourquoi les protestants — personnes qui savent — sont-ils de grands lecteurs ? Liraient-ils pour connaître d’autres idées, d’autres problématiques que les leurs, acceptant d’être questionnés par elles ? Non ; par qui pourraient-ils être questionnés eux qui sauraient tout mieux que tout le monde ? (9) Ils liraient simplement parce qu’il leur faudrait voir écrit noir sur blanc ce qu’ils penseraient préalablement à leur lecture, ce qu’ils s’attendraient à l’avance à voir écrit. Ils auraient une rage maladive, quasi obsessionnelle à vouloir obliger les autres à écrire ce que eux penseraient (= la vérité) et rien d’autre (pas seulement à propos de la sexualité ; au sujet de la Cène aussi par exemple) (10) : « L’article sur le planning familial ! J’aimerais y lire une ligne directrice que l’on attend dans un journal chrétien ; que le domaine des relations conjugales est une invitation à la maîtrise de soi, à l’amour qui cherche le bonheur de l’autre. » (Réforme 26.12.1964, lettre d’une lectrice) (quelles banalités, Seigneur !) ; « On ne doit pas publier ce genre de réflexion qui ne peuvent que troubler les uns, peut-être en scandaliser d’autres ». (Pasteur J.R. P., Jeunes-Femmes, n° 82.)

Mais s’ils refusaient de lire d’autres idées que les leurs (elles seraient irrévocablement immorales) les protestants accepteraient volontiers de les écouter. Pourquoi ? Rassurez-vous, uniquement pour pouvoir mettre en œuvre une thérapeutique. Car les protestants ne feraient pas que savoir, ils guériraient aussi : « Entre écouter quelqu’un et publier sa prose il y a là une belle distance ». (M. S., lettres après le Semeur nº 0) ; « J’ai l’impression que l’on se trouve là dans un domaine où la cure d’âme a son rôle et sa place, mais que l’on ne doit pas publier ce genre de réflexion ». (J.R. P., Jeunes-Femmes, n° 82.)

Et les jeunes, trop jeunes pour avoir vécu (11) (assez pour avoir reçu des coups de pied au cul) ? Innocents encore, peut-être en danger infernal (12). Ils seraient leurs professeurs. Quand on sait, on enseigne : « Ne conviendrait-il pas, avant toute autre chose d’éduquer les jeunes à l’amour, de leur donner une vision de l’amour de les rendre capables Avant de s’engager dans des spéculations et des méthodes anticonceptionnelles ne faudrait-il pas préparer les jeunes à la vie ? » (Réforme 26.12.1964, un protestant.) Quelle vie ? Celle pensée par le distingué auteur de cette lettre assurément, ce serait cela la vie : il n’y aurait pas d’autre manière de la cogiter.

L’enseignement dogmatique, univoque et pontifiant des parents protestants masquerait leur incapacité à entreprendre un dialogue avec leurs enfants : « Je ne sais comment exprimer le trouble que j’ai ressenti après lecture de la lettre de Lise Bourcart, j’avoue que pour cette fois je n’ai pas dit à ma fille de dix-huit ans : « Tiens je viens de recevoir le bulletin, tu peux le lire, il y a des choses fort intéressantes, car en fait je ne me sentais pas de taille à dialoguer avec elle sur l’évolution de l’éthique sexuelle telle qu’elle nous est présentée par l’exemple donné par cette lettre. » (Mme H. M., Jeunes Femmes, n° 82.) La plupart des interlocuteurs des auteurs du n°0 leur aurait dit : « Vous verrez, quand vous aurez une fille de seize ans » (13). De même les Français d’Algérie affirmaient : « Si vous étiez pieds-noirs, vous penseriez différemment ». Et alors ?

Au fait quel serait — mis à part les lieux communs du « bon sens et les analyses psychologiques de quatre sous — le fondement de cette omniscience grâce à laquelle contrairement à Pascal qui affirmait ne connaître que l’apparence du milieu des choses — les protestants pourraient être tour à tour inquisiteur, médecin, professeur, pasteur, père, etc. Un fondement objectif la Bible ? Nombre d’attitudes éthiques autres que les leurs (d’Origène à Luther, de Luther à Barth, de Barth à certains d’entre nous) ont été vécues conformément à des lectures de la Bible faites selon des méthodes rigoureuses, méthodes qui valaient bien celles de nos apprentis herméneutes. Car, penseraient-ils, monogamie et fidélité, d’accord ; mais continence supérieure à relations conjugales, ou équivocité, caractère nocturne du sexe, toujours et partout pas question. Non à la lecture de la Bible de Martine Charlot, à celle de René Nicolas, à celle des rédacteurs du Semeur, non également à celle de Jérôme, celle d’Augustin, celle de Thomas d’Aquin, celle des fondamentalistes du Mississipi. La parole de Dieu que nos pseudo-théologiens brandiraient et au nom de laquelle ils voudraient que tout le monde vive selon leurs critères moraux (en y obéissant ou en y désobéissant, ce serait secondaire. Ils ouvriraient à moitié leurs bras aux pécheurs repentis) ne serait que leur interprétation (personnelle ou d’école, peu importe) de la Bible. Interprétation considérée comme hérétique il y a cent ans, qui serait de nouveau considérée comme hérétique dans cent ans (14), au pouvoir aujourd’hui. Si le pasteur J.R. P. attaquait M. C., il se réfèrerait à 1 Cor. 7, mais I Cor. 7, préciserait-il lui-même, commenté par Héring (cf. Jeunes Femmes, n° 82). Le fondamentalisme se transférerait de la Bible au commentaire. On risquerait en lisant les livres bibliques d’y trouver des paroles puritaines (ceux qui se sont faits eunuques pour le royaume) ou licencieuses (même si tout n’édifie pas, tout est permis) (15). Pour penser cet injuste milieu, cette morale tiédiste qui légitimerait (avec les précautions oratoires d’usage : « personne n’a bonne conscience »​ écrirait J.R. P., mais il n’en tirerait aucune conclusion et surtout pas la moindre mise en question du mariage) leur mentalité, leur manière de parler donc de vivre, il faudrait lire la Bible à travers les lunettes d’un commentaire qui reflèterait ce que l’avant-garde de l’arrière-garde du protestantisme français penserait. Étant au départ son propre critère, le centre gauche verrait forcément ses conclusions légitimées par cet habile tour de passe-passe. Il pourrait les nommer « ​l’enseignement de la parole de Dieu sur le mariage » (16) (idem) ce qui lui permettrait de déclarer avec une benoite satisfaction : « Depuis quand les désirs personnels d’une ou de plusieurs personnes doivent-ils faire plier les exigences scripturaires ? »​ (idem). Nous serions là au centre du problème la manière théologique par laquelle ces protestants penseraient la sexualité, comme le reste, serait la justification de soi-même par soi-même. Justification non pas espérée, crue comme impossible, possible venant d’ailleurs, mais évidente, visible, socialement reconnue. Dans la même problématique, la consultation sur l’éthique sexuelle du Conseil Œcuménique des Églises (juillet 1964) affirmerait : « Les chrétiens doivent affirmer l’importance de la vie sexuelle comme faisant partie de l’ordre établi par Dieu dans sa création… L’union sexuelle (des époux) est bénie par Dieu ». Dieu aurait déjà béni tant de canons, tant de tribunaux inquisiteurs, tant de bûchers, tant de baptêmes forcés, il pourrait bien, une fois de plus, se voiler la face et bénir la coucherie (légale) de deux personnes qui regarderaient dans la même direction, mais ne se regarderaient surtout pas l’un l’autre, de peur de s’apercevoir qu’ils ont cessé d’être amant et maîtresse pour n’être plus qu’un foyer chrétien ou que les parents d’une famille, qu’ils ont cessé de tenter de se conquérir parce qu’ils savent que l’autre sera forcément fidèle (c’est l’ordre de Dieu !) ou parce qu’on leur aura fait croire, au travail, à la vocation, au service, etc., et que les journées n’ont que vingt-quatre heures chacune.

Leur justification d’eux-mêmes par eux-mêmes ne serait pas le fait d’assumer dans l’ambiguïté ce qu’ils tenteraient de vivre mais la transformation de ce qu’ils penseraient en conséquence éthique univoque et inéluctable du salut en Jésus-Christ. Leur vérité ne serait pas une parole faible, nue, contestée, flagellée, parfois crucifiée, acceptant de mourir, mais une vérité tyrannique, au pouvoir dans l’Église (dans l’Église seulement et quelques autres milieux, uniquement parce qu’elle n’aurait plus, comme autrefois, assez de policiers et de soldats à son service pour être au pouvoir ailleurs. Mais l’Église est une partie du Monde) ; une vérité obligatoire, et si elle n’était plus obligatoire, eux-mêmes seraient démoralisés et ne pourraient même plus la vivre : « Ce doit être très démoralisant pour une étudiante qui refuse de coucher avec son petit ami de savoir que sa voisine d’amphithéâtre peut aller bien officiellement, dans un centre prévu pour cela, apprendre des techniques qui lui permettront de s’amuser (17) sans risques… » (D. G., Lettre à Réforme, 26.12.64). Ils refuseraient à un tel point de ne pas faire coïncider leur entendement et la fidélité à Jésus-Christ, qu’ils ne seraient même plus capables de comprendre l’intérêt possible d’une manière de vivre autre que la leur (et la joie, le plaisir, la contestation politique peut-être portés par elle) : « Qu’est-ce que ces raisons qui viendraient empêcher deux célibataires de se marier ? » (Pasteur J.R. P., Jeunes Femmes, n 82, p. 3). « Il faudrait nous dire quelques-unes de ces raisons qui justifieraient ce cas extrême. » (Jeunes Femmes, nº 82, p. 6, Lettre de J.L.)

Telle serait la majorité du protestantisme français ; mais l’Église suédoise ? Le directeur de son hebdomadaire semi-officiel [Vår kyrka], Carl Gustaf Boëthius aurait affirmé que les relations sexuelles prémaritales ne devaient plus être considérées comme un « péché » ; en effet, 80 % des Suédois ne sont pas vierges à leur mariage et « la seule possibilité pour l’Église de rester en contact avec la jeunesse est de ne pas dire non à ce que tant de gens pratiquent ». Y aurait-il là un « libéralisme » propre à plaire à l’équipe du Semeur ? Celle-ci répondrait plutôt que si telle serait la prédication d’une église « présente « au monde, alors il vaudrait mieux rester définitivement dans le ghetto, se taire plutôt que de baptiser ainsi un conformisme mondain. En fait une telle conclusion serait la conséquence logique (vingt ans après) de celle des protestants français. Il s’agirait de la même attitude : la justification de soi-même par soi-même, qui donnerait au plan social : la justification de la masse par la masse. (cf. l’importance de la société, de l’ordre social dans les différents propos des protestants français sur la sexualité.) L’Église serait ou mondaine (en Suède) ou mondaine avec retard (en France).

Existerait-il parmi les personnes qui écriraient sur ce sujet quelqu’un capable de réfléchir sur ces problèmes sans vouloir immédiatement s’autojustifier et condamner tous ceux qui ne lui ressembleraient pas ? (18). André Dumas ? Il aurait parlé (Réforme, 12.12.64) de « légitime intervention » et « d’abus », aurait lié « l’irresponsabilité sexuelle » et la sexualité vécue hors mariage ; or il serait marié… Georges Cazalis ? Il aurait écrit dans le « Semeur » (n° 41960) un article demandant de ne pas soupçonner les vieux garçons de mœurs inavouables. Il existerait donc pour lui certaines mœurs qui seraient avouables, d’autres qui ne le seraient pas. Roger Mehl ? Comme Calvin Augineau l’aurait noté (Le Semeur, n° 1, 1963) le plan de son livre « Société et Amour » laisserait entendre « qu’il vaut mieux se marier sans amour qu’aimer sans se marier » (19).

Qui alors ? (20) Roland de Pury peut-être. Lui seul (21) serait capable d’assumer sa monogamie dans son équivocité. « Quand le mariage n’est vraiment ni possible, ni souhaitable, faut-il prétendre que tout soit interdit ? Alors que toute liberté est donnée aux époux, aucune ne peut-elle l’être aux célibataires dans aucun cas ? Je me sens mal le droit d’ouvrir cette porte et pas davantage celui de la fermer. Je pense qu’il y a là un problème qui peut se poser à chaque célibataire et qui ne peut être résolu dans un sens ou dans un autre que par lui personnellement, sans qu’il puisse se référer à un « Tu ne dois pas ! » ou à un « Tu peux » préalable… (Que faut-il entendre par impudicité, impureté, débauche. Outre l’homosexualité 🙂 toute relation qui chosifie et qui exploite le partenaire, par conséquent tout sadisme, tout masochisme, toute prostitution (choses qui, d’ailleurs, peuvent exister au sein du mariage le plus apparemment irréprochable). Mais enfin, entre l’adultère et ces « impudicités » d’une part et la vie authentique d’un couple marié d’autre part, n’existe-t-il vraiment aucun intermédiaire qui ne tombe sous le coup d’une condamnation. Il ne me paraît pas qu’on puisse dire non d’une manière absolue sans risquer le pire pharisaïsme. Il est certain que la réalité du mariage peut exister hors de lui, comme elle peut fort bien ne pas se trouver dans le mariage. Il y a sûrement ici des derniers qui seront les premiers et des premiers qui seront les derniers. » (R. de Pury, in « Jeunes Femmes », n° 82.)

Il me semblerait que ces quelques phrases qui n’ont d’autre prétention qu’être quelques notes seraient le b.a.ba d’une réflexion sur l’éthique qui ne serait pas cette orthodoxie sèche et figée, cette fidélité cadavérique de scribes qui, sous prétexte de non-conformisme au monde, refuserait toutes les tentatives actuelles un peu contestables, un peu neuves, un peu vivantes parfois (l’existentialisme, le marxisme, le bultmanisme, le néo-darbysme, le structuralisme, etc.) pour être en fait et les exemples pourraient être milliers dans ce que le monde a de plus officiel, souvent de plus mesquin aussi.

J. Belleros et G. Laidagape.

Notes

  1. On pourrait parler d’amour avant le mariage mais pas le faire : « Les fiancés chrétiens attendent leurs noces pour avoir leur vie sexuelle, c’est cela le plan de Dieu. » (Amour et Fiançailles, 1961, page 32).
  2. La légalité, permettant l’ordre, serait le critère d’une « union sexuelle évangélique » : « On appelle union libre une union qui n’est pas sanctionnée par la loi. La Société ne les aime guère et elle a raison (1) car le mariage est une mesure d’ordre très nécessaire. » (idem, page 102).
  3. Les « jeunes » ayant promis de s’intégrer à l’ordre dès qu’ils seraient grands pourraient, à condition d’en rester là, jouer ensemble à un légitime (puisque bientôt légal) prélude : « ​Voici les diverses manifestations de tendresses que les fiancés chrétiens peuvent se permettre : échanges de regards, de caresses, de baisers, même sur la bouche, pourquoi pas, mais avec une élémentaire prudence : lèvres bien closes. » (Avant le mariage, 1962, page 116.)