Article programmatique publié par François Bouvier dans Le Semeur, n°0, fin 1963.
Encore un numéro du Semeur ! Mais celui-ci inaugure une nouvelle époque de l’histoire de cette revue, liée à un tournant dans l’histoire de la Fédé étudiante. Il inaugure en effet plusieurs formules nouvelles :
Tout d’abord, vous, les fidèles lecteurs de ce bon vieux périodique, aurez vu que les petites formules habituelles de la page deux de la couverture ont changé. Nous voudrions en effet que Le Semeur ne se contente plus d’être la tribune libre de la F.F.A.C.E., une sorte de ressucée étudiante de ce que l’on peut trouver dans toutes les autres publications protestantes pour grandes personnes. Est-ce là trop de prétention, nous voudrions que ce journal soit réellement une table ronde de recherche, essayant de sortir des sentiers trop battus de l’orthodoxie (pour cela, vous référer à votre Réforme hebdomadaire), non par snobisme intellectuel, mais parce que c’est une chance offerte par le milieu étudiant que de côtoyer des camarades qui ont une réflexion originale, qui nous posent des questions à tous, et qu’il est bon d’écouter, ne serait-ce que pour savoir avec plus de précisions pourquoi nous ne sommes pas d’accord avec eux. Ainsi nous pourrons éviter que dans cette revue se retrouvent tous les grands noms qui peuvent déjà s’exprimer ailleurs, et que le Semeur ne fasse double emploi. De cette manière, l’Équipe de Rédaction espère lui redonner un nouvel intérêt. Nous espérons fermement que cette initiative pourra se maintenir. Mais ceci implique une plus grande participation de la part des lecteurs. Il faudrait que chacun de vous se sente en effet concerné par cette affaire, afin que des noms nouveaux s’inscrivent au sommaire des prochains numéros.
(Il faut éviter à tout prix les rabâchages.)
Dans le même esprit, nous avons essayé de nommer le plus possible de correspondants provinciaux et étrangers, chargés de découvrir de nouvelles « vedettes ». Nous attendons toutes les suggestions.
Mais une revue montée par des étudiants ne peut hélas avoir une régularité satisfaisante dans sa parution. C’est pourquoi le système des abonnements a été modifié. On ne s’abonnera plus désormais à l’année, mais pour un certain nombre de numéros. La publication de ceux-ci se fera désormais par séries de six, les abonnements se faisant par série, et démarrant tous au numéro un de chaque. Dans ce chapitre, nous voudrions aussi insister sur le fait que les nouvelles purement fédératives se trouveront dans le Bulletin de l’Alliance, оù seront centralisés les travaux de toutes les organisations de jeunesses protestants. Le Semeur n’est donc plus strictement fédératif, ou étudiant, mais devrait trouver une audience plus large, auprès de tous ceux qui croient à l’intérêt d’une réelle recherche, et à la nécessité d’un réel dialogue, ce qui comporte nécessairement toute une part de polémique. Pratiquement, ceci signifie que vous, les « auteurs » en puissance, ayez à l’esprit que vous n’écrivez plus uniquement à des étudiants, qu’il ne s’agira donc plus de faire un cours ou de donner une leçon.
Le Semeur veut tenter une expérience, souhaitons qu’elle soit une réussite ! Qu’il soit réellement un journal qui ose…
L’ÉQUIPE DE RÉDACTION.
Rédaction et administration
Directeur : François BOUVIER
Administration : Antoinette SCHEURER
Comité de rédaction :
- Gilberte ARNAL,
- Jean BAUBEROT,
- P. BENOIT,
- S. BOSC,
- I. DURLEMANN,
- Pierre ENCREVÉ,
- J.-J. FOUCHE,
- Jean-François HEROUARD,
- Michel NERCESSIAN,
- T. WILM.
Adresse : 45, rue Bonaparte, Paris (6º)

Sommaire
- Éditorial (François Bouvier)
- Avant-Propos (Jean Baubérot)
- Le monde en transformation (Paul Keller)
- Pour une éthique sexuelle relationnelle (René Nicolas)
- Pour ou contre la Chine (Elisabeth Rouvillois)
- L’intellectuel, un pauvre (François Bouvier)
- Les deux Exodes (Jean Baubérot)
- La Manne (Bernard Dauphinet)
- L’histoire de la foi (Amédéo Molnar)
- Contre l’amour du Prochain (Calvin Augineau)
